Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Pages

Publié par LeSage88

http://t3.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSKyflQyRmkkuT-3YjGwzgTnVtnjBQTf9wNptlKk_n63EPWkEY&t=1&usg=__604itD5oN0A4JfoU8W3vsameddk=Dumbo, pour pouvoir voler avec ses grandes oreilles, a besoin d'une plume qu'il croit magique pour arriver à profiter de son don naturel. Dans l'histoire, il perd la plume en vol, mais arrive à ne pas s'écraser sur le sol comme une pierre (ce qui aurait certes été assez comique, mais sans doute un peu traumatisant pour un jeune public...).

 

Au dernier moment (quel suspens mes amis), il déploie ses oreilles et parvient à survoler le public en transe du petit cirque. Bravo Dumbo.

 

Voilà le billet est terminé. Probablement l'un des plus intéressants publié ici.

 

Le rapport avec le poker?

 

Ah oui j'oubliais...

 

Cet effet Dumbo a été étudié par des psys du monde entier. Et oui, ils sont payés grassement pour revoir mille fois la séquence, et constater à chaque fois que Dumbo ne s'écrase jamais comme une merde.

 

Jamais, jamais. J'ai vérifié scientifiquement sur un laps de temps de quelques dizaines d'année...

 

Grâce à la plume magique, il ose s'élancer dans le vide! Sans elle: plus de Dumbo, pas de film, rien. Comme on sait qu'elle n'est pas magique (et non!), on comprend en principe, même à 5-6 ans, que c'est la force de la persuasion, ou plutôt de l'auto-persuasion, qui permet à Dumbo de croire en ses capacités. Et de voler. (Voler c'est pas beau, mais ce n'est pas le sujet ici).

 

Avant de revenir au poker, parlons de golf.

 

Dans ce sport magnifique mais au combien difficile, le geste du swing n'est jamais acquis définitivement. Il évolue, parfois positivement, mais souvent négativement. On pense le tenir. L'avoir programmé une fois pour toute dans son cerveau. Et il s'échappe. Et l'on se ridiculise à nouveau en envoyant la balle partout, sauf à l'endroit visé bien entendu...

 

Dans ma quête du swing parfait, j'ai remarqué assez vite, que pour bien jouer (disons un peu mieux que les débutants) il était essentiel d'avoir trouvé, au moment de l'échauffement, mon "truc du jour".

 

Truc magique bien sûr. Et nouveau si possible. Car ressortit un vieux "truc du jour" de ses tiroirs ne fonctionne pas du tout. Non, il me faut une modification minime mais nouvelle de mon geste. Et s'il me semble fonctionner, je peux alors me reposer sur ce petit changement dans mon swing pour jouer le mieux que je peux, c'est à dire à peu près à 15 de handicap. Voire moins, si mon truc magique est exceptionnel (c'est à dire totalement novateur, et donc que je crois alors essentiel, mais provisoirement hélas...).

 

Ce qui est intéressant, c'est qu'après tellement de trucs magiques découverts puis peu à peu remplacés par d'autres, je suis conscient du phénomène... Mais il n'empêche: si je ne découvre pas un nouveau truc, que je sais maintenant être un leurre mental, je joue comme un bloc de béton, sans sensation, sans plaisir, et avec des trajectoires de balles plus que surprenantes...

 

Et au poker?

 

Pas de gri-gris ou autre objets placébotiques. Comme pour le golf, c'est quand je crois avoir trouvé THE truc que ma bankroll fait un bond. Ce truc peut-être une nouveauté technique, stratégique, ou encore le simple fait de découvrir un nouveau type de tournois. Si dans les instants/jours qui suivent les résultats sont bons, je suis persuadé que "ça y est" je suis devenu un pas trop mauvais joueur de poker, avec un edge évident sur la moyenne des adversaires.

 

J'suis trop bon, quoi.

 

Cela renforce ma confiance, je tente des moves au bon moment, je me réjouis des passages de bulles, me focalise sur l'arrivée en table finale et le top 3, et les très bons résultats font ressembler ma courbe sharskope à une droite pointant virilement vers le haut.

 

En golf, mon truc magique dure 3 à 4 parties au maximum, soit un mois effectif réel. Au poker mes très bonnes périodes ont duré 3 à 4 semaines. Pareil, horlogiquement parlant.

 

Suit alors une lente descente de ma confiance dans cette nouveauté que je croyais être essentielle, les bulles ITM sont de plus en plus difficiles à exploiter, je deviens weak, le moral de vainqueur est oublié... Et je pars à la recherche d'un nouveau truc, d'une nouvelle voie, d'un nouveau déclic.


Cette année, j'ai eu pour l'instant deux très bonnes périodes. Le mois de mars et ma période 3$+R, puis de fin juillet à mi-août avec des gros scores en Rush poker. Chaque fois le même scénario: une accélération boostant ma bankroll, puis une descente assez nette.

 

Je suis de plus en plus persuadé que ce n'est pas seulement dû à la variance. Les bons résultats renforcent la confiance, permettent de jouer sans pression, (on se sent léger, l'effet plume) et permettent de mieux jouer.

 

 

En tournoi, c'est aux deux bulles (places payées et table finale), que je sens consciemment l'effet de la confiance dans ma capacité à profiter de ce moment si important. Dans mes cycles positifs, je prends des risques et arrive souvent à monter des tapis importants pour le seul objectif intéressant que devrait toujours avoir un joueurs de tournois: le top 3.

 

Si au contraire je sors d'une mauvaise série de résultats, avec la confiance dans les chaussettes, il m'est très difficile, alors que j'en suis pleinement conscient, de ne pas être le weak de service, qui n'a comme objectif que de se glisser dans les places ITM, pour grappiller quelques misérables dollars. Puis de se suicider quelques instants après avoir passé la bulle, pour tenter de me refaire avec un tapis réduit par tant de weakitude.

 

Le pire dans ces cas-là, c'est que j'en suis très conscient! Mais faire 15 tournois à zéro, puis tenter sur le 16ème des moves risqués (mais en fait très très profitable à long terme), à la bulle des places payées ou mieux à celle des tables finales, est au-dessus de mes capacités psychologiques.

 

C'est stupide, je le sais, mais ne peux rien y faire... sans plume magique!

 

Heureusement, après un mauvais mois de septembre, un bon début de mois d'octobre. Sans grosses perfs à 4 chiffres (une troisième place sur un $2+R à 463 joueurs tout de même), et 4 TF sur mes dix derniers tournois.

 

Ce qui m'inquiète: je n'ai pas trouvé un nouveau truc que mon cerveau pourrait croire, pendant quelques semaines au moins, être magique. Pas de découvertes essentielles, pas de tentatives sur de nouveaux formats, pas de révélations techniques.

 

Mais je cherche, je cherche...

 

 

Bon, pour la centième fois, une petite vérif vidéo. On ne sait jamais: une petite déviation de l'espace-temps et hop! un glissement dans un univers parallèle "où les Dumbo s'écrasent comme des merdes" est si vite arrivé...


 

 


Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

mat 12/10/2010 19:36



tres bon post, marrant en plus :)



stefal 12/10/2010 19:31



>D8


pfff


>Lesage


Pour ma part, l'usage intensif de plumes magiques a parfois complètement démoli mon swing et m'a forcé à un retour aux fondamentaux?
L'analogie aec le poker peut se poursuivre.



Roms 12/10/2010 10:11



Pareil, je vais pas être très original mais ça doit être souligné...excellent post !


On essaye surout tous de pas se faire plumer...



ezeki4l 11/10/2010 23:53



je me joins à l'avis général : un très bon post, Sir !



eiffel 11/10/2010 16:14



@rincevent : regardes dans le tien !


+1 à Rincevent, excellent post, dans le blogging, pas besoin de plumes, tu es au top naturellement !



D8 11/10/2010 15:46



Le titre m'avait fair peur. Je croyais que tu allais faire un combat contre Stefal.


Ouf!



Kof 11/10/2010 11:30



Je te souhaite de trouver ta plume, je parle du truc magique qui te permets de jouer comme un dieux puisque celle pour écrire de très bon article tu l'as visiblement déjà trouvée.



Rincevent 11/10/2010 11:23



Excellent post encore une fois...


J'ai également paumé ma plume depuis un moment, je vais écrire aux objets trouvés (probablement dans le derrière de quelqu'un)