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Publié par LeSage88

Voilà c'est fait. Je suis out après 7 heures de bataille sur mon tout premier EPT, un peu déçu, mais avec une belle expérience derrière moi. Le dernier coup, je ne le regrette pas, c'était même une prise de risque totalement prévue dans mes plans. Mais un coin-flip reste un coin-flip. Si la pièce se retourne du mauvais côté, bye-bye, ou plutôt ciao-ciao !


Mais ne brûlons pas les étapes. Retour un jour plus tôt. Nous sommes vendredi.  Départ de Genève en voiture, San Remo n'étant qu'à 5h00 de distance. Passage du tunnel du Mont-Blanc après 3/4 d'heure, et nous voici en Italie (nous car je suis accompagné de ma femme). 

Autoroute très fatigante, pour ceux qui connaissent, avec énormément de tunnels, et des Italiens qui sont certainement les plus dangereux en Europe en matière de vitesse (Berlusconi, met des radars ! Cela a fonctionné pour les Français, ce qui n'était pourtant pas gagné d'avance…).  Premier bad beat: un choc sur le pare brise, une grosse étoile. Caillou ? Météorite ? Je vous laisse calculer les cotes de probabilités… 


Le deuxième bad beat sera à la sortie de San Remo. L'hôtel est sur un golf. Problème: il y a deux golfs… Évidemment je me suis dirigé vers le mauvais. Une heure de perdue, et quand on arrive à l'hôtel, il est trop tard pour que j'ai envie de redescendre à San Remo pour la party de bienvenue de PokerStars…  Hôtel tranquille, à 25 minutes de San Remo tout de même, chambre avec vue sur la mer, et golf à 30 secondes… Pendant mon séjour ici, je risque de faire plus de golf que de poker… Sauf miracle… 


Un dodo. Pas facile de dormir. Je suis tendu comme une corde de guitare.   Réveil, petit-déjeuner. Je me force à avaler quelques céréales, mais je n'arrive pas à finir. Dommage le buffet est somptueux…  Je ressens la même pression qu'à mon dernier examen scolaire, il y a à peu près un siècle et demi.  Je sais c'est stupide, mais mettez-vous à ma place. Ce n'est que mon deuxième tournoi live de ma vie, et c'est un tournoi à 5'300 euros… OMG ! 


A 11h00, je vais chercher mon “player Bag Pokerstars”. J'avais réservé des tailles M. Ben y'en a plus… Très utile de nous demander de réserver une taille, s'ils ne s'organisent pas en conséquence. Le choix c'est entre S ou L. Je fais 1m74, bon L quand même. J'ai donc 4 casquettes (!), deux chemises (trop grandes), un T-shirt (bonne taille) et deux vestes (ça va). Plus un joli sac de voyage plutôt sympa. 

Direction le Casino. On y va en voiture. Je fais connaissance avec les embouteillages à l'italienne. Des scooters partout, qui ne respectent aucune des règles de la circulation. Cela me dérange pas trop, je les envie même, car nous mettons 3/4 d'heures à rejoindre le parking du Casino.  Bon j'y suis. Je cherche l'entrée “Registered Pokerstars qualifyers”. C'est loin d'être clair, et une employée du Casino me dirige vers une énorme file d'attente. Après trente minutes, deux français redescendent l'escalier, et en entendant que l'on parle “french”, nous indiquent qu'on s'est engagé dans la mauvaise voie. Il y a bel et bien une autre entrée pour les qualifiés de Pokerstars.  Pas terrible les indications… 


Enfin, je récupère le ticket avec mon nom, le buy-in (5'000 + 300 euros, soit 6 fois ma bankroll…), et mon numéro de table et de siège. Ce sera la table 3 et le seat 5. Si je me rappelle bien, un numéro de table petit, est signe que ma table ne va pas être cassée de sitôt. Car en principe on casse les tables plus éloignées, pour rapprocher les joueurs des spectateurs. Cela va s'avérer juste: ma table, en sept heures, ne cassera pas. Par contre on accueillera petit à petit d'autres joueurs tout au long des éliminations.  Attente dehors, en mangeant en bord de mer un Panini (que je me force à avaler - aucun appétit…). 


Puis à 13h55, j'accède à la salle de poker en me faufilant, avec des journalistes, juste avant l'ouverture officielle. J'y suis ! Belle salle, belles tables. Des banderoles “Pokerstars-it” partout.

Premier à ma table, je remplis et signe un papier inutile. Peu à peu je vois arriver mes adversaires. Des Allemands, des Italiens, un Russe, un Polonais. Des jeunes pour la plupart. A part le Russe, je dois être le seul à être dans la quarantaine.  Je touche les jetons. Il y en a 10'000, mais en faible quantité. C'est pas très spectaculaire… Pour faire une belle colonne, il va falloir en gagner… 

Attente. Retard. Les organisateurs sont un peu dépassés par le nombre impressionnant d'inscrits pour le Day 1: presque 600 participants ! Et donc au total il y aura certainement plus de 1'000 inscrits, ce qui fait de San Remo l'EPT le plus disputé cette année.  Beaucoup d'Italiens et d'Allemands. Très peu de Français il me semble… Quand aux Suisses: pas trouvés ! 


Je remarque particulièrement le Russe à ma table: montre en or, énormes lunettes, il doit avoir dans les 55 ans. Il n'a pas l'air commode. Il grommelle quelques mots en russe en remplissant sa fiche, et engueule le croupier parce que tout est en italien… Je pressens un énorme fish fortuné. La suite confirmera cette belle lecture…  14h40 (ou même plus tard je pense): shuffle up and deal !

Le tournoi commence, mon chewing-gum, que je vais mâchouiller tout au long du tournoi, est mon seul ami. Face à moi huit adversaires, inconnus, dont je ne sais rien… 

Silence impressionnant dans cette grande salle, on n'entend plus que le bruit des jetons…

Personne ne parle, les mises et relances se font en balançant les jetons sur la table, sans un mot. C'est tendu et crispé. Il faut que je prenne mes marques, sans ma souris, mon écran, les mises minimales qui s'affichent automatiquement…


Un fish suisse à l'EPT de San Remo…


La plupart des joueurs à ma table commencent déjà à faire leurs chips tricks. Zut, ils ont l'air beaucoup plus expérimenté que moi en live. Bon, c'est pas trop difficile de l'être avec mon unique tournoi live comme seule expérience !


Première main: une poubelle à mon grand soulagement. Le cauchemar de la paire de rois contre une paire d'as en première main n'aura pas lieu… 

Suite au prochain numéro… 

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