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Publié par LeSage88

Suite de mon abécédaire (très) personnel. Pour la lettre B, j'avais le choix entre bad beat, bankroll, blind, bluff, mais je vais traiter d'un mot nettement plus intéressant dans le monde du poker:

UncialB-01.png comme Banzaï !

“Pendant la Seconde Guerre mondiale, banzai servit de cri de combat aux soldats japonais et en particulier aux kamikazes qui le criaient avant de s'écraser sur les bateaux ennemis.” Wikipedia.

Au poker la technique de l'attaque-suicide pour vaincre son adversaire peut être redoutable d'efficacité. A l'image de Ragnarok1er dans ses vidéos hilarantes, l'arme du tapis avec une main aléatoire est éprouvante pour les adversaires, et souvent imparable.

Pour comprendre ce principe dans ses moindres rouages, il est nécessaire de réunir le petit matériel ci-dessous:

  1. Des lunettes de pilotes d'avion de guerre de la seconde guerre mondiale. Si par malheur vous n'en possédez pas, des grosses lunettes de ski feront l'affaire.
  2. Un foulard avec un gros point rouge au milieu que vous porterez sur le front.
  3. Une feuille de papier avec laquelle vous allez confectionner un joli avion (fusée acceptée également).

Même si ces accessoires ne sont dans l'absolu pas à 100% indispensables, cela vous mettra dans l'ambiance et vous donnera le courage nécessaire pour vous lancer dans vos attaques suicidaires. (Et vous rendra ridicule si votre copine arrive à ce moment-là, mais ne lui expliquez pas votre démarche, les femmes ne comprennent pas les choses vraiment importantes de la vie…).

Maintenant vous êtes prêts à appliquer la technique du poker “Banzaï” !

Inscrivez-vous à un petit tournoi sans importance pour votre bankroll (mais pas un freeroll, car dans ceux-là tout le monde pratique le poker banzaï !). Jetez toutes vos mains pendant les 45 premières minutes, sauf en cas de paires KK et AA (dans ce cas montrez vos cartes).

A partir de là vos adversaires devraient avoir de vous l'image d'un super coffre-fort. Les banques suisses en comparaison sont des passoires. Puis vous allez balancer votre tapis, avec n'importe quelles cartes en main, en bonne position, dès qu'un pot n'a pas été relancé, mais où deux ou trois limpers ont fait grossir le pot. Le but est donc de voler les blinds, les ante s'il y en a, et la mise des limpers. Certains appellent cela un squeeze, mais c'est un terme moins évocateur. Le poker banzaï est un état d'esprit, qui ne va pas s'arrêter à un seul coup isolé…

Avant de pousser votre tapis, ne regardez même pas vos cartes, respirez un grand coup, imaginez que vous êtes à 2'000 pieds entrain de viser un navire de guerre ennemi, prenez votre avion en papier et pointez le vers votre adversaire sur l'écran de votre PC, tout en hurlant dans votre salon:  

BANZAÏ !


J'ai oublié de vous dire: ne le faites pas si votre montre affiche 2h du matin, et que votre femme (ou copine) dort paisiblement à quelques mètres. Trop tard ? Bon, une semaine à l'hôtel n'a jamais fait de mal à personne…

Le cri ne sert pas à impressionner vos ennemis, car après tout, que vous soyiez vraiment dans un avion dans le pacifique à foncer sur une cible ou devant votre PC, ils ne devraient en principe pas vous entendre…


Non, c'est pour vous donner du courage, et je vous assure pour l'avoir essayé de multiples fois, on ressent une force extraordinaire après avoir hurlé ce terme nippon magique et dramatique…


Ensuite l'avantage par rapport aux pilotes japonais, c'est qu'au poker vous ne pouvez pas mourir. Avantage anecdotique certes, mais utile pour vérifier l'efficacité de votre suicide virtuel.


La plupart du temps (80%) si votre image est tight, vous remporterez le pot immédiatement. Si un fou ose défier le samouraï que vous êtes, vous aurez alors l'occasion de doubler votre tapis. Vous pouvez alors regarder avec quelle main vous êtes allés à l'attaque. La plupart du temps, même avec la pire des poubelles, vous aurez plus de 30% de chances de vous en sortir ! Parfois mieux, rarement beaucoup moins bien, sauf malchance de tomber contre une main dominante.


D'ailleurs votre attaque kamikaze, en cas de résistance, aura plus de chance de réussir avec une main comme 8 et 4, que K et 4 par exemple. Car qui va vous suivre ? Les grosses paires, et AK généralement. Vos petites cartes seront vivantes, alors qu'un roi mal accompagné risque d'être complètement dominé par un meilleur kicker.


Si votre première attaque s'est soldée par un vol du pot, votre image de joueur tight tient toujours. Vos adversaires peuvent penser que vous ne jouez que des mains monstrueuses et toujours à tapis. Donc pas très facile à contrer…


Maintenant en imaginant que votre première attaque suicide a réussi à vous faire doubler sur un coup de chance, votre image de joueur très serré a été évidemment modifiée ! Et c'est là que la technique “banzaï” va être redoutable. Pour que le piège fonctionne, il faut un petit coup de pouce du destin, car l'idéal pour faire un deuxième double-up est de lancer votre deuxième attaque BANZAÏ avec un joli monstre en main.

Imaginez votre attaque en piqué sur le navire ennemi, non plus avec un petit coucou minuscule, mais avec un boeing chargé d'une tête nucléaire… Vous allez en principe faire plus de dégâts…

Donc si par chance une jolie paire d'as ou de rois vous tombent dans les mains dans les 10 -15 coups après votre première attaque, n'hésitez pas une seconde, criez votre deuxième

 BANZAÏ

de la soirée (votre copine et vos voisins vont apprécier, si, si…), et vous ramasserez probablement un énorme pot !

Il y a des variations à la méthode. La meilleure est le “stop and go”. C'est une attaque suicide en deux temps: une première attaque avec une bombe larguée sur la cible, puis une deuxième attaque kamikaze définitive. Vous avez deux chances de couler le navire.


En langage pokerrien, c'est une relance pré-flop, puis un all-in au flop même s'il ne vous a pas aidé. C'est souvent la meilleure option face à un adversaire agressif qui vous couvre largement. Il est tenté de suivre un tapis pré-flop, mais l'est moins s'il n'a rien touché au flop.


Dernière recommandation: si votre attaque échoue lamentablement et se heurte à cause d'un mauvais timing à de bonnes cartes adverses, vous avez le choix entre une inscription pour le tournoi online suivant, ou un petit hara-kiri dans la pure tradition niponne, en mémoire aux vrais kamikazes qui n'avaient pas droit à un deuxième essai…


C'est vous qui voyez…

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